LE SUCRE DE CANNE BIO.


Rapporté à une échelle de 24 heures, l’humanité s’est passée de sucre concentré jusqu’à 23 h 59 mn et 52 s !!!

D’après Linus Pauling, double prix Nobel, les désordres émotifs peuvent tout simplement n’être que les 1ers symptômes de l’incapacité évidente du sujet à supporter le stress et la dépendance au sucre.

Des études fondées sur l’analyse d’excréments fossilisés, sur l’étude de l’usure de la dentition, sur le fait que nos ancêtres étaient vraisemblablement de piètres chasseurs tendent à établir qu’ils pratiquaient un régime alimen

taire presque végétarien composé de fruits, de noix diverses, de céréales et de copieuse quantité de verdure. Les œufs, la viande, le poisson étaient consommés épisodiquement et les graisses végétales constituaient 10 % de leur apport calorique.

Hors les fruits frais, cadeau de la nature qui contiennent des sucres à absorption rapide de manière diluée et en quantité raisonnable. Ils sont associés à des minéraux, vitamines, antioxydants, antiradiculaires, enzymes, fibres qui aident à les digérer.  Ainsi les fruits influencent modestement la glycémie. Les fruits ne conduisent pas à la dépendance et préservent plutôt la santé en nous apportant les nutriments nécessaires.

En Egypte ancienne, le miel est utilisé de façon extrêmement restreinte et à des fins religieuses.

Dans l’Antiquité l’usage du miel se développe par la fabrication et la consommation de l’hydromel.

Le miel

dont la production ne peut pas devenir industrielle est peu à peu remplacé  par le saccharose issu de la canne à sucre.

Canne à sucre

Histoire

3 morceaux de canne à sucre

Vers 325 avant J.C., sous l’impulsion de Néarque, amiral d’Alexandre Le Grand, la canne à sucre arrive en occident. Bien que son origine historique reste entourée de mystère, il est néanmoins certain que le mot sucre relève d’une étymologies indienne : traduction et a

daptation du mot « sarkara » qui a donné naissance à toutes les variantes du mot sucre dans les langues indo-européennes.

La canne à sucre ou roseau sucré a d’abord été utilisé à l’état sauvage avant d’être cultivée. Les théories les plus récentes font remonter son origine botanique au saccharum robustum de l’actuelle Nouvelle Guinée. Puis la canne à sucre aurait migré vers l’est, les Nouvelles Hybrides, la nouvelle Calédonie, les Iles Fidji  puis pus tard vers l’ouest et le nord- ouest pour atteindre les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie, l’Inde et la Chine.

On a trouvé près du Radjamahal  les ruines d’une ville au nom de Fur signifiant sucre. Et il apparait que le Bengale actuel porte ce même nom.

De très anciens poèmes indiens attestent des croyances portant sur les vertus thérapeutiques et sur la sacralisation de cette plante.

Les chinois connurent ce miel de roseau plusieurs millénaire avant J.C.. A plusieurs reprises dans l’ancien testament il en est fait mention en précisant que ce roseau sucré provenait d’Inde ou de Chine.

Vers le IIIème siècle avant notre ère, des marchands perses et indiens commencèrent à importer ce sucre sur les rivages de la Méditerranée orientale, en Arabie et en Egypte.

Pline L’Ancien au 1er siècle avant J.C. parle du sucre en ces termes : « c’est  un miel  recueilli sur des roseaux, il est blanc comme de la gomme, cassant sous la dent, les plus gros morceaux sont comme une aveline. On l’emploie seulement en morceaux. » (histoires naturelles, livre II)

Le texte indique que le sucre est produit en morceaux ce qui facilite son transport  par caravane à travers l’Asie Mineure jusqu’au portes de la Méditerranée pour rejoindre la Grèce puis l’Empire Romain.

Au VIIème siècle, les arabes qui ont envahi une grande partie de l’Asie, apportent la canne à sucre et tentent de l’acclimater au climat ensoleillé des rives de la Méditerranée. Ainsi la canne à sucre s’implante en Egypte, en Palestine, sur les bords du Jourdain.

canne fendueLes arabes ont appris des perses la technique de fabrication du sucre solide. Sous cette influence, la canne à sucre gagne toute l’Afrique du Nord, la Syrie, Chypre, Rhodes, Les Iles Baléares puis le sud de l’Espagne.

Dans le monde chrétien, on ignore encore l’existence du produit exotique qui arrive seulement dans les cours royales et chez les apothicaires. Les croisades et la confrontation des cultures en favorisent l’intérêt et l’usage en occident.

Rapporté par les croisés, le roseau s’implante dans l’archipel grec, en Sicile, dans le sud de l’Italie et même dans le sud de la France. La nouvelle « épice » est vendue chez les apothicaires à des prix très élevés

Au XIVème et au XVème siècle, le commerce du sucre se développe et Venise grâce à la puissance de sa flotte exerce un quasi monopole du commerce et devient la plus grande sucrière de l’Europe ; les marchands vénitiens vont chercher en Egypte, à Alexandrie ce sucre qui arrive de l’Inde. Le sucre est traité et raffiné à Venise. Vers 1450 l’industrie européenne de raffinage naît.

En 1493, Christophe Colomb dès son arrivée à St Domingue, introduit des plants de canne à sucre en provenance des Canaries. C’est aux environs de 1505 que le sucre va être fabriqué sur cette île qui devient le berceau de la production de la production sucrière du Nouveau Monde.

En 1518 à St Domingue se trouvent 28 fabriques de canne à sucre ; à noter que les fonds procurés par les droits d’importations du sucre en Espagne permettent la construction des palais de Charles Quint à Madrid et à Tolède.

En 1520 les portugais introduisent la canne à sucre au  Brésil puis en 1533 Pizzaro fait de même au Mexique. Il en est de même au XVI et XVIIème siècle pour toutes les nouvelles terres colonisées qui se couvrent de canne à sucre.

Vers 1750, les français installés en Martinique, Guadeloupe et Louisiane cultivent et produisent le sucre pendant que les anglais font de même dans leurs colonies.

Puis dans les îles françaises de l’océan indien : l’ile Maurice, la Réunion  développent cette culture et parallèlement  son expansion retrouve les terres proche de ses origines avec l’implantation à Formose, en Indonésie, aux Philippines, à Hawaï.

Vers 1770, la médecine se coupe de ses origines c’est-à-dire des guérisseurs et chamans et se tourne vers la science. Ce n’est que bien plus tard que le rapprochement entre certains troubles mentaux et la surconsommation de sucre se fit par les précurseurs de la psychiatrie orthomoléculaire  comme les Dr  A Hoffer, A Cott, A Cheraskin et Linus Pauling, double prix Nobel.

A la veille de la révolution française, l’hexagone a acquis la 1ère place dans le commerce et le raffinage de sucre en Europe en fournissant le nord du continent : 80 000 tonnes en 1789.

Au début du XIXème siècle se développe sous l’influence de Napoléon 1er se développe la culture de la betterave à sucre, le blocus britannique empêchant alors l’approvisionnement de la France.

La production mondiale de sucre de canne représente maintenant 60 à 70 % de la production mondiale de sucre. La production mondiale de sucre est de 123,4 millions de tonne en 2005-2006 (FAOSTAT)

La production mondiale est passée de 11,3 millions de tonne en 1900-1901 à 123,5 millions de tonne en 1996-1997 (multiplié par 11 alors que dans le même temps la population mondiale a été multipliée par 3,8 !!!)

En occident, la consommation est passée de 1 à 2 kg par an et par habitant au début du XVIIIème siècle, de 5 à 8 kg toujours par an et par habitant au début du XIXème siècle à 25 à 38 kg par an et par habitant au début du XXème  !!!!!!

Seul ¼ du sucre produit est vendu directement, les autres ¾ sont utilisés indirectement dans l’industrie agroalimentaire, la chimie…

sucre de canne en poudre

Nutrition

Le raffinage dénature  les aliments en les privant de certaines de leurs substances vitales : minéraux, enzymes, vitamines…. Or ces substances sont indispensables à la digestion et bonne assimilation  des aliments et sont donc prélevées sur nos propres réserves vitales au détriment de note santé et équilibre !!

La plus grande majorité des produits provenant de l’industrie alimentaire contient du sucre le plus souvent raffiné. En effet le sucre masque le goût des matières premières de qualité moyenne, donne de la consistance aux produits, améliore des préparations à base de farine en rendant la pâte plus malléable, est un agent de fermentation, est un conservateur en proportion suffisante car inhibe ainsi la croissance de la plupart des microorganismes., renforce les arômes, caramélise les sodas et bières, contre balance les saveurs acides, entretient le goût des mets sucrés.

Une trop grande consommation de sucre raffiné peut entrainer une carence en minéraux dont le calcium, zinc… avec une altération de la chevelure, des ongles cassants, des troubles nerveux (notamment par déficit en vitamines B….)

Dans une étude du Dr Beghin entre 1973 et 1986 aliments naturels et dents : le sucre complet par sa richesse minérale est un sucre qui ne provoquerait pas de caries.

le  sucre complet

contient 6 fois plus de sels minéraux que le sucre roux : 4 à 40 fois plus de potassium, 4 à 9  de magnésium, cuivre, 6 à 25 de phosphore, 4 à 20 de fer, 23 à 100 de vitamine  B1, 10 à 25 de vitamine B2, 17 à 50 de vitamine B5, beaucoup plus de vitamine E.  Aucune transformation ou raffinage ne conserve tous ces éléments

Le sucre intégral appelé aussi rapadura au Brésil qui veut dire râpé ; gur ou jaggery en Asie du Sud ;  chancaca, panel, pilonallo ou rapadura au Mexique et en Amérique du Sud

Le sucre roux ou blond est un sucre partiellement raffiné, débarrassé de la mélasse par chauffage et centrifugation (mais attention au faux sucre roux vendu qui n’est que du sucre blanc coloré par du caramel !!)

D’après le livre : le sucre ou la vie de Bruno Kleiner ed : Lanore 2007